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Supprimer les métadonnées d'un PDF ou d'un Word avant une IA

· Écrit et tenu à jour par Nonimo

Supprimer les métadonnées d’un PDF ou d’un Word, c’est vider ce que le fichier dit de lui-même sans l’afficher : l’auteur, le dernier à l’avoir enregistré, la société, le titre saisi un jour dans les propriétés, les dates, le modèle d’origine et, pour les photos insérées, l’appareil et le lieu de prise de vue.

Dans Word, l’Inspecteur de document s’en charge ; pour un PDF, on repart d’un source propre ou on nettoie le fichier dans Acrobat Pro.

La raison de le faire avant une IA est simple. Quand vous joignez un fichier à un assistant, vous ne transmettez pas une page : vous transmettez le fichier entier, avec tout ce qu’il transporte. Le corps de la note peut être impeccable et le titre du fichier porter encore le nom du client.

Nous l’avons vérifié sur une note de test aux données inventées, dont les propriétés sont reproduites plus bas. Le texte visible, lui, relève d’autres guides : le caviardage d’un PDF pour les passages noircis, et un guide à part pour ce que Word garde dans ses révisions et ses bulles de commentaire.

Supprimer les métadonnées d’un PDF ou d’un Word : ce que le fichier raconte

Une métadonnée est une donnée sur le document plutôt que dans le document. Personne ne la tape en rédigeant une note, et c’est bien pour cela qu’on l’oublie : le logiciel la remplit tout seul, à la création, à chaque enregistrement, parfois à partir du nom de session de l’ordinateur ou du compte Microsoft.

Microsoft en donne une définition très concrète dans sa page sur l’Inspecteur de document : les propriétés d’un document incluent l’auteur, l’objet et le titre, mais aussi des informations gérées automatiquement, comme l’identité du dernier à avoir enregistré le document et sa date de création. Selon les fonctions utilisées, s’y ajoutent des noms de modèles et d’autres éléments d’identification.

Propriétés, XMP, EXIF : trois endroits, un même problème

Un fichier de bureau range ces informations à trois endroits, qu’il vaut mieux connaître par leur nom.

oùce qu’on y trouveà savoir
propriétés d’un .docxauteur, titre, dates, société, responsable, modèle, champs personnalisésde petits fichiers rangés dans l’archive, à côté du corps
dictionnaire et bloc XMP d’un PDFtitre, auteur, objet, mots clés, logiciel producteurparfois écrits deux fois : effacer l’un laisse l’autre
EXIF d’une photoappareil, date et heure de prise de vue, position GPSune photo insérée peut l’emporter avec elle

D’après la documentation de Microsoft et notre fichier de test.

Ces trois tiroirs ont un point commun : aucun n’apparaît à l’impression, et aucun ne se voit en relisant la page. C’est ce qui les distingue des pièges du texte lui-même, qui sont traités dans la page qui passe en revue le contenu d’un dossier.

L’essai : une note propre, des propriétés bavardes

Pour savoir ce qu’un fichier dit vraiment, nous avons fabriqué une note interne de cabinet, du genre de celles que les avocats rédigent avant un rendez-vous : une salariée conteste son licenciement pour faute grave, et le cabinet prépare sa stratégie. Tous les noms sont inventés, le cabinet comme les personnes.

Le corps de la note a été nettoyé à la main, comme on le fait souvent : le nom de la cliente y est remplacé par [CLIENTE]. Les propriétés, elles, ont été laissées telles qu’un document réel les accumule au fil des enregistrements. Puis nous avons ouvert le fichier avec un court script, comme le ferait n’importe quel programme qui lit un .docx.

Ce que la page montre, ce que le fichier dit

Supprimer les métadonnées d'un PDF ou d'un Word : la page et les propriétés d'une même note À gauche, la page de la note telle qu'elle s'affiche : la cliente y est désignée par une étiquette et aucun nom n'apparaît. À droite, les propriétés du même fichier : titre et objet avec le nom de la cliente, autrice, dernière personne à avoir enregistré, société, responsable, modèle et coordonnées GPS de la photo. La page, à l'écran Ce que les propriétés gardent Note interne : contestation d'un licenciement La salariée [CLIENTE] conteste son licenciement pour faute grave. Photo du local jointe. photo Titre : Licenciement Mme Bataillard… Objet : Dossier Bataillard c/ … Auteur : Maëlle Ternois Enregistré par : Bastien Quérel Société : Cabinet Brizolet Avocats Responsable : Hélène Brizolet Modèle : Cabinet Brizolet, Contentieux Photo : téléphone, date, heure Photo : coordonnées GPS, en clair
Une note, deux lectures : l'écran et le script. Données fictives, 28 septembre 2026.

La page ne nomme personne. Le fichier, lui, nomme quatre personnes : l’autrice de la note, le collaborateur qui l’a enregistrée en dernier, l’associée responsable du dossier et la cliente. Le nom de cette dernière revient à cinq endroits distincts, aucun d’eux visible à l’écran.

où, dans le fichierce que nous y avons lu
titre et objetle nom de la cliente et le numéro du dossier
mots clésle nom de la cliente, « prud’hommes », « faute grave »
propriété personnalisée « Client »le prénom et le nom de la cliente
auteur, enregistré par, responsable, sociétél’autrice, un collaborateur, l’associée, le cabinet
commentaires des propriétés« Version envoyée à l’associé, ne pas diffuser »

Lecture de note-interne.docx par lire.py, le 28 septembre 2026 ; toutes les données sont fictives.

Le champ « commentaires » des propriétés n’a rien à voir avec les bulles de commentaires dans la marge : c’est une zone de texte libre de la fiche de propriétés, que certains remplissent une fois et ne relisent jamais. Ici, il dit précisément ce qu’il ne fallait pas dire.

0nom de personne sur la page
4personnes nommées dans les propriétés
5endroits où revient le nom de la cliente
Note de test aux données inventées, lue par script le 28 septembre 2026

L’export en PDF recopie le titre et l’auteur

Le réflexe suivant est d’exporter en PDF, en pensant qu’un PDF « fige » le document et laisse le reste derrière. Nous avons converti la même note avec LibreOffice 26.8, puis relu le PDF obtenu.

Le titre, l’auteur, l’objet et les mots clés sont passés du Word au PDF, à l’identique, et ils y figurent deux fois : dans le dictionnaire d’informations du PDF et dans son bloc XMP. Le PDF ajoute même ses propres renseignements, le nom du logiciel qui l’a produit et sa version. En revanche, dans cet essai, la photo a perdu son EXIF au passage : l’image a été réencodée.

La leçon est modeste mais utile : un export n’est pas un nettoyage. Il déplace les propriétés d’un format à l’autre, et c’est dans le fichier de départ qu’il faut les vider. Refaites l’essai avec votre propre logiciel avant de compter sur lui. Depuis PowerPoint, les options d’export peuvent même ajouter au PDF les diapositives masquées et les commentaires.

Joindre le fichier entier à une IA : ce qui part avec lui

Que fait un assistant d’IA de ces propriétés ? La réponse honnête est que les fournisseurs n’en disent presque rien. OpenAI, dans la documentation de son API, décrit ce qu’elle extrait d’un fichier : pour un .docx, un .pptx ou un fichier texte, seulement le texte ; pour un PDF, le texte et une image de chaque page. La page ne précise pas si les propriétés entrent dans ce texte.

fichier jointce qui va au modèle, selon OpenAIce que la page ne dit pas
.docx ou .pptxle texte seulsi les propriétés en font partie
PDFle texte et une image par pageidem
photo dans un .docxrien, l’image n’est pas extraitece que devient son EXIF

D’après la documentation de l’API d’OpenAI, File inputs, consultée le 28 septembre 2026.

Nous ne prétendrons donc pas qu’un modèle lit le champ auteur de votre fichier. Ce que l’on peut affirmer, en revanche, ne dépend d’aucune documentation.

Le fichier voyage entier

Joindre un fichier, c’est le téléverser. Le fournisseur reçoit l’archive complète, propriétés et images comprises, avant même que son extracteur décide quoi en faire. Ce que chacun conserve ensuite, et combien de temps, se lit dans ses conditions : trois de nos guides le décrivent, fournisseur par fournisseur : ChatGPT, Claude, Copilot.

La même documentation d’OpenAI conseille d’ailleurs, pour garder les graphiques d’un .docx, de le convertir d’abord en PDF. Notre essai montre ce que cette conversion emporte avec elle : le titre et l’auteur.

Le texte extrait n’est pas le seul lecteur

Un fichier téléversé ne reste pas forcément entre les mains du seul modèle. Selon l’outil et vos réglages, il peut rester attaché à la conversation, ou être partagé dans un espace de travail d’équipe. Chacun de ces usages lit le fichier à sa manière, et aucune documentation ne promet que les propriétés en soient exclues. Chez ChatGPT, il est même rangé à part, et la suppression de l’historique ne le retire pas.

La position prudente est donc la même que pour le texte caché d’un PDF : partir du principe que chaque octet joint peut être lu, par quelqu’un ou par quelque chose. Et c’est plus vrai encore quand le document relève de données sensibles, comme un certificat médical joint au dossier ou une procédure disciplinaire.

Supprimer les métadonnées d’un document Word avec l’Inspecteur

Word dispose d’un outil fait pour cela. La page d’aide de Microsoft en décrit le chemin : dans l’onglet Fichier, rubrique Informations, le bouton Vérifier la présence de problèmes ouvre la commande Inspecter le document. Dans la liste des inspecteurs, celui qui nous intéresse s’appelle Propriétés du document et informations personnelles. La catégorie voisine, Commentaires, révisions, versions et annotations, sert de contrôle : le ménage lui-même, qui consiste à accepter les modifications suivies et supprimer les commentaires, se fait avant.

Microsoft détaille ce qu’il supprime : les propriétés des onglets Résumé, Statistiques et Personnalisation, le nom d’utilisateur, le nom du modèle, les propriétés du serveur de document et quelques autres éléments hérités des circuits de relecture. Un clic sur Supprimer tout, sur la ligne de cette catégorie, et c’est fait.

Regarder les propriétés avant de les vider

Avant de tout effacer, prenez une minute pour lire. Le chemin est Fichier, Informations, Propriétés, puis Propriétés avancées : l’onglet Résumé affiche, selon Microsoft, le titre, l’objet, l’auteur, le responsable, la société, la catégorie, les mots clés et les commentaires. L’onglet Personnalisation montre les propriétés ajoutées par un logiciel de gestion de dossiers ou par une macro du cabinet.

Cette lecture a deux intérêts. Elle vous apprend ce que vos modèles ajoutent à chaque document, ce qui se corrige une fois pour toutes dans le modèle. Et elle évite de supprimer une propriété dont votre gestion électronique de documents a besoin pour classer le fichier. C’est pourquoi l’Inspecteur se passe sur une copie, jamais sur l’original.

une copie
ce sur quoi Microsoft recommande vivement de lancer l'Inspecteur, ce qu'il supprime ne pouvant pas toujours être restauré. Microsoft Support

Microsoft prévient en effet que ce que l’Inspecteur efface ne se récupère pas forcément, pas même avec la commande Annuler. Enregistrez donc une copie sous un nom explicite, inspectez la copie, et c’est elle, et elle seule, que vous joindrez. Les experts-comptables, dont les dossiers passent par plusieurs mains avant d’arriver au client, gagnent à en faire un réflexe de fin de mission.

Le modèle, le chemin et le nombre de révisions

Certaines métadonnées ne s’affichent dans aucun onglet familier. Le modèle en est le meilleur exemple : un document créé depuis un modèle garde le nom de celui-ci, et le format prévoit aussi un lien vers le modèle attaché. Dans notre fichier de test, ce lien pointait vers un modèle rangé dans le profil Windows de l’autrice, et le chemin contenait son identifiant de session.

hors des onglets habituelsce que gardait notre fichier de test
modèle attachéun chemin sous C:\Users\mternois\, vers « Cabinet Brizolet, Contentieux »
base des liens hypertexteun dossier du serveur, au nom de la cliente
révisions et dates14 enregistrements, du 12 au 26 septembre

Lecture de note-interne.docx par lire.py, 28 septembre 2026. Données fictives.

La base des liens hypertexte est du même genre. Elle sert à résoudre des liens relatifs, et elle peut contenir un chemin vers un dossier partagé. Si vos dossiers sont nommés d’après les clients, le chemin l’est aussi.

Reste le compteur de révisions, qui dit combien de fois le fichier a été enregistré, et les dates de création et de modification. Isolés, ce sont des détails. Rapprochés d’autres éléments, ils disent quand le dossier a été ouvert et combien de temps on y a travaillé, ce qui, dans un contentieux, n’est pas indifférent.

Les révisions au sens du suivi des modifications, et les commentaires dans la marge, sont une autre affaire : ils font partie du contenu du document et relèvent de notre guide consacré au nettoyage d’un Word. L’Inspecteur les traite dans une catégorie séparée.

Supprimer les métadonnées d’un PDF reçu ou exporté

Pour un PDF, la meilleure méthode est souvent de ne pas le nettoyer du tout, mais de le refaire. Si vous avez le document source, videz ses propriétés avec l’Inspecteur, puis exportez à nouveau : le PDF n’aura plus rien à recopier. Cela évite aussi le piège du bloc XMP, qu’un outil trop simple laisse intact en vidant le reste.

deux fois
le titre et l'auteur dans notre PDF exporté : dans le dictionnaire d'informations et dans le bloc XMP. Essai Nonimo, 28 septembre 2026

Quand vous n’avez que le PDF, Acrobat Pro propose un nettoyage. L’aide française d’Adobe, dans sa version du 30 avril 2026, le présente dans le parcours Biffer un PDF : après avoir appliqué les biffures, l’étape Continuer nettoie le document et supprime les informations masquées. Adobe cite parmi elles les commentaires, les métadonnées et les calques masqués, et le résultat est rangé dans un fichier distinct.

Deux précautions avec Acrobat

Adobe réserve la fonction aux éditions payantes : Pro, Premium et Studio. La version gratuite, Acrobat Reader, ne propose pas ce nettoyage.

Ensuite, le nettoyage produit un nouveau fichier, et l’ancien reste à côté. Le même piège que pour le caviardage guette ici : le fichier propre est prêt, et c’est l’original qui part parce qu’il était en tête de la liste. Si le PDF comporte aussi des passages noircis, la méthode complète est dans notre guide pour caviarder un PDF.

Les fichiers reçus portent les noms des autres

Les métadonnées ne concernent pas que vos propres fichiers. Des conclusions adverses, un rapport d’expertise, le devis d’un artisan ou la réponse d’un service public arrivent avec les propriétés de ceux qui les ont produits : un nom, celui d’un cabinet ou d’un bureau, parfois le titre que le fichier portait sur un autre poste.

Joindre ce PDF à un assistant, c’est transmettre aussi ces informations, qui ne sont pas les vôtres et dont les intéressés ignorent tout. Regardez les propriétés des fichiers reçus comme celles des vôtres, et nettoyez la copie que vous comptez joindre, jamais l’exemplaire versé au dossier, qui doit rester tel qu’il est arrivé. Dans un office notarial, où un acte rassemble les papiers de plusieurs parties, c’est la situation ordinaire.

Sans Acrobat : LibreOffice et l’inspecteur d’Aperçu

LibreOffice offre une option qui agit au moment de l’enregistrement. Dans Outils, Options, LibreOffice, Sécurité, le bouton Options donne accès à la case Supprimer les informations personnelles lors de l’enregistrement. L’aide française de LibreOffice précise qu’elle retire les données utilisateur des propriétés du fichier, remplace les noms des auteurs des commentaires par des valeurs génériques et réinitialise les durées. Rien, dans cette aide, n’indique qu’elle touche au texte des commentaires : nettoyer un document Writer demande davantage.

La même aide décrit, dans Fichier, Propriétés, onglet Général, un bouton Réinitialiser les propriétés, qui remet à zéro la durée d’édition et le numéro de version. Il ne vide pas le titre ni l’auteur : c’est l’option de sécurité qui s’en charge.

Sur Mac, Aperçu sert surtout à regarder. Son inspecteur affiche, selon Apple, des informations comme la taille du fichier et l’auteur d’un PDF, les mots clés, et pour une photo le lieu de prise de vue. C’est un bon moyen de contrôler le résultat d’un nettoyage fait ailleurs.

outiloù regarder ou nettoyerce que la documentation annonce
Word, WindowsFichier, Informations, Inspecter le documentpropriétés, nom d’utilisateur, nom du modèle
WordFichier, Informations, Propriétés avancéeslecture et modification du résumé
Acrobat ProBiffer un PDF, Appliquer, puis Continuermétadonnées, commentaires, calques masqués
LibreOfficeOutils, Options, Sécurité, Optionsdonnées utilisateur retirées à l’enregistrement
Aperçu, Macinspecteur, Informations généraleslecture seule : auteur, mots clés, lieu

D’après l’aide française de Microsoft, d’Adobe (30 avril 2026), de LibreOffice et d’Apple, consultées le 28 septembre 2026.

Les photos insérées gardent leur EXIF

Une photo prise au téléphone, glissée dans un document ou envoyée comme copie de carte d’identité, est l’endroit où les métadonnées sont les plus parlantes, et les plus oubliées. On la recadre, on la réduit, on l’annote d’une flèche, et l’on pense avoir fait le nécessaire. Rien, dans ces retouches, ne garantit que le fichier image perde ce qu’il transporte.

Dans notre note de test, la photo du local jointe au dossier portait cinq informations lisibles par n’importe quel lecteur d’EXIF.

balise EXIFvaleur dans la photo de test
marque et modèleApple, iPhone 15
date et heure14 septembre 2026, 8 h 47
artistele nom de l’autrice, sans accent
position GPSune place de Lyon, à quelques dizaines de mètres près

Photo de test, EXIF lus par script le 28 septembre 2026. Les coordonnées désignent un lieu public.

Pourquoi c’est plus grave qu’un nom d’auteur

Une position GPS dit où la photo a été prise, et donc souvent où habite ou travaille quelqu’un. Pour un état des lieux d’appartement, un sinistre photographié chez l’assuré ou une blessure prise en photo au cabinet, c’est une adresse, avec la date et l’heure. Les agences immobilières et les courtiers en assurance manipulent ce genre de photos tous les jours.

Apple documente la lecture de ces données dans Aperçu : Outils, puis Afficher les données de localisation, et le lieu s’affiche sur une carte ; si la commande est grisée, l’image ne contient aucune position. C’est le contrôle le plus rapide avant d’insérer une photo dans un document ou d’envoyer la photo de son permis de conduire.

La date et l’heure ne sont pas anodines non plus. Rapprochées d’un dossier, elles situent une visite, une intervention ou un constat dans le temps, et peuvent contredire ce qu’affirme le texte. Dans un litige, une heure de prise de vue qui ne colle pas avec la chronologie d’un courrier est exactement le genre de détail que l’on préfère découvrir soi-même, avant de l’avoir confié à un tiers.

Ce qui retire l’EXIF, et ce qui ne le retire pas

Recadrer ou réduire la photo dans le document ne suffit pas : c’est le fichier image qui porte l’EXIF, et c’est lui qu’il faut traiter. Réenregistrer la photo sans ses métadonnées avant de l’insérer, en revanche, règle la question à la source, comme le fait l’outil pour la copie du permis de conduire. Une capture d’écran de la photo produit aussi une image neuve, sans l’EXIF de l’appareil, au prix d’une qualité moindre.

Notre essai a montré qu’un export PDF peut réencoder l’image et perdre l’EXIF au passage. C’est un effet de bord de ce logiciel, pas une garantie, et il ne dispense pas du contrôle. Et si la photo part directement vers un assistant, aucun des quatre grands, ChatGPT, Gemini, Claude ou Copilot, ne dit s’il garde ou retire son EXIF : nous l’avons vérifié dans notre guide sur les photos envoyées aux IA.

Métadonnées et réidentification : le regard de la CNIL

La CNIL a écrit sur les métadonnées dans un contexte précis, celui des concepteurs de systèmes d’IA qui constituent leurs données d’entraînement. Sa fiche du 8 avril 2024 y consacre un passage, et la phrase clé vaut bien au-delà de ce public.

« utiles à un attaquant »
ce que peuvent contenir les métadonnées, pour qui cherche à réidentifier une personne. CNIL, fiche IA sur la collecte et la gestion des données, 8 avril 2024

La CNIL donne comme exemples une date ou un lieu de collecte, et ajoute que le principe de minimisation s’applique également à ces données, qui devraient être limitées à ce qui est nécessaire. Le raisonnement se transpose sans effort au fichier que vous joignez : ni le nom de l’autrice ni les coordonnées GPS de la photo ne sont nécessaires pour demander un résumé.

Le RGPD ne distingue pas le champ auteur du corps du texte

Pour le RGPD, en son article 4, est personnelle toute information se rapportant à une personne physique identifiée ou identifiable. Un nom dans le champ auteur, une propriété « Client » ou un chemin de dossier au nom d’une cliente en sont, au même titre que la même mention dans le corps de la note.

L’article 5 ajoute le principe de minimisation : les données doivent être adéquates, pertinentes et limitées à ce qui est nécessaire. Transmettre à un fournisseur d’IA les noms de trois collaborateurs quand on l’interroge sur le fond d’un dossier ne passe pas ce test. Le cadre de la transmission elle-même, et les questions à poser au fournisseur, font l’objet d’une page propre aux dossiers clients confiés à ChatGPT.

Vider les propriétés ne rend pas anonyme

Un fichier aux propriétés vidées n’est pas anonyme pour autant. Pour la CNIL, des données pseudonymisées « conservent donc un caractère personnel », la réidentification restant souvent possible par recoupement. Supprimer les métadonnées retire une source d’identification parmi d’autres ; le contenu du document, lui, peut encore désigner la personne. La comparaison des assistants selon ce qu’ils font des données reçues se trouve dans notre page sur les IA conformes au RGPD.

Nonimo : une copie aux propriétés vidées

L’application Nonimo travaille sur votre ordinateur : noms, coordonnées et identifiants y sont changés en étiquettes, et seule la version étiquetée va à l’assistant. Déposé dans sa fenêtre, un document vous est rendu deux fois : en texte, données remplacées, et en copie du fichier, traitée de la même façon.

Pour un Word, la copie vide aussi les propriétés : l’auteur, la dernière personne à avoir enregistré, la société et le responsable sont effacés ; le titre, l’objet, la description, les mots clés, la catégorie et les propriétés personnalisées passent par le même remplacement que le texte. Les images repartent sans leurs métadonnées. Pour un PDF, la copie est un fichier neuf, fait à partir du texte et libre de toutes les métadonnées du fichier d’origine.

Voici ce que Nonimo rend du texte de notre note :

Mme Ségolène Bataillard conteste son licenciement pour faute grave, notifié le 2 septembre 2026.
Tél. 06 39 98 42 71, segolene.bataillard@example.com
Mme [PERSONNE_1] conteste son licenciement pour faute grave, notifié le 2 septembre 2026.
Tél. [TELEPHONE_1], [E-MAIL_1]

La date de notification et la qualification restent, puisque la question porte sur elles. Ce que l’application conserve sur votre ordinateur est décrit sur la page sécurité.

Cinq vérifications sur le fichier qui part

Tout ce qui précède se ramène à quelques gestes, dans un ordre qui compte : on regarde avant d’effacer, on efface sur une copie, on vérifie le fichier qui part vraiment.

  1. Les propriétés avancées du document contiennent un nom, un numéro de dossier ou une remarque interne ?

    OuiEnregistrez une copie et passez l'Inspecteur de document, catégorie Propriétés du document et informations personnelles.

    NonPassez aux images.

  2. Le document contient des photos prises au téléphone ?

    OuiContrôlez leur localisation et réinsérez des images réenregistrées sans métadonnées.

    NonPassez à l'export.

  3. Vous allez envoyer un PDF tiré de ce document ?

    OuiExportez depuis la copie nettoyée, puis ouvrez les propriétés du PDF obtenu.

Aucun nom dans les propriétés du fichier qui part : il peut être joint.

Le contrôle des métadonnées avant de joindre un fichier à une IA, tiré de notre note de test.

Les deux contrôles qui restent

Le quatrième contrôle porte sur le nom du fichier lui-même. « Bataillard_strategie_v3.docx » dit tout ce que les propriétés ne disent plus, et il s’affiche en toutes lettres dans la conversation. Renommez la copie de façon neutre. Dans un classeur, les noms d’onglets appellent le même geste, car on ne les lit plus à force de les voir.

Le cinquième est une question : faut-il vraiment joindre le fichier ? Coller un extrait de texte ne transmet ni propriétés ni images. Quand la mise en page n’importe pas à la question posée, c’est la voie la plus sûre, et elle vous laisse relire exactement ce qui part.

Corriger une fois, dans les modèles

Une bonne partie de ces métadonnées ne vient pas des personnes mais des modèles. Si le modèle de note du cabinet porte déjà une société, une catégorie ou une propriété personnalisée, chaque document créé à partir de lui en hérite. Ouvrez vos modèles, lisez leurs propriétés avancées et videz ce qu’un document destiné à sortir de la maison ne doit pas porter : la correction se fait une fois et profite à tous les dossiers suivants.

Le reste relève de l’habitude plus que de l’outil. Une copie dédiée, un nom neutre, un passage par l’Inspecteur, un coup d’œil aux propriétés du fichier final : quatre gestes qui prennent moins de temps que la rédaction de la question que vous poserez ensuite à l’assistant.

Un fichier est déjà parti avec ses propriétés ? Demandez-vous s’il faut prévenir la CNIL, et dans quel délai. Et pour que toute l’équipe fasse les mêmes gestes, écrivez-les noir sur blanc dans la charte IA de la maison.

Sources

Nonimo masque, sur votre propre ordinateur, les noms de clients et les identifiants avant que votre texte n’arrive à ChatGPT. Sans compte, et l’application fait ce travail sans que les données de vos clients quittent votre machine.

Questions fréquentes

Comment supprimer les métadonnées d'un PDF ?

Pour supprimer les métadonnées d'un PDF, le plus sûr est de repartir du document source : videz ses propriétés dans le traitement de texte, puis exportez à nouveau. Dans Acrobat Pro, le parcours Biffer un PDF propose ensuite de nettoyer le document, et Adobe cite les métadonnées parmi ce qui est retiré. Vérifiez enfin les propriétés du nouveau fichier. Nonimo, lui, produit un PDF neuf sans les métadonnées de l'original.

Où voir les métadonnées d'un document Word ?

Dans Word, passez par Fichier, Informations, puis Propriétés et Propriétés avancées. L'onglet Résumé affiche le titre, l'objet, l'auteur, le responsable, la société, la catégorie, les mots clés et les commentaires, selon Microsoft. Les dates et le nom de la dernière personne à avoir enregistré sont tenus à jour par le logiciel. Tout ce qui figure là part avec le fichier quand vous le joignez.

Le nom de l'auteur reste-t-il dans un PDF exporté depuis un traitement de texte ?

Dans notre essai, oui. Une note Word exportée en PDF avec LibreOffice 26.8 a gardé son titre, son auteur, son objet et ses mots clés, dans les propriétés du PDF et dans son bloc XMP. L'export fige la mise en page, pas l'identité de celui qui a écrit. Il faut donc vider les propriétés du document source avant l'export, ou nettoyer le PDF ensuite.

Une photo insérée dans un Word garde-t-elle sa position GPS ?

Elle peut la garder. Dans notre fichier de test, la photo collée dans la note conservait la marque et le modèle du téléphone, une date et une heure, le nom saisi comme artiste et des coordonnées GPS. Aperçu, sur Mac, affiche ces coordonnées sur une carte. Recadrer la photo à l'écran ne change rien à ces données : il faut réenregistrer l'image sans elles.

ChatGPT lit-il les propriétés d'un fichier qu'on lui joint ?

OpenAI ne le précise pas. Sa documentation d'API indique que, pour un .docx, seul le texte est extrait, et pour un PDF, le texte et une image de chaque page, sans dire si les propriétés entrent dans ce texte. Ce qui est certain, c'est que le fichier entier quitte votre poste et arrive chez le fournisseur, métadonnées comprises.

Un nom d'auteur dans les propriétés relève-t-il du RGPD ?

Oui, dès lors qu'il désigne une personne physique. L'article 4 du RGPD vise toute information se rapportant à une personne identifiée ou identifiable, et un nom d'auteur ou de réviseur en est une. Le principe de minimisation de l'article 5 demande de ne transmettre que ce qui est nécessaire, et le nom de la collaboratrice ne sert à rien pour résumer une note.

Le modèle d'un document Word peut-il trahir un nom ?

Oui. Un document créé depuis un modèle garde le nom de ce modèle, et parfois le chemin où il est rangé. Dans notre fichier de test, ce chemin passait par le profil Windows de l'autrice et contenait son identifiant de session. Microsoft range le nom du modèle parmi les informations que l'Inspecteur de document supprime avec les propriétés.

Que retire Nonimo des propriétés d'un Word ?

La copie d'un Word que rend l'application Nonimo vide l'auteur, la dernière personne à avoir enregistré, la société et le responsable, et remplace par des étiquettes les données trouvées dans le titre, l'objet, la description, les mots clés, la catégorie et les propriétés personnalisées. Les images repartent sans leurs métadonnées.