Claude et la confidentialité des données : ce qu'Anthropic garde
· Mis à jour le · Écrit et tenu à jour par Joaquín Trapero, Nonimo
Anthropic n’utilise pas vos conversations Claude pour entraîner ses modèles sans votre accord sur les comptes grand public, et pas par défaut sur les offres commerciales. Pour qui s’interroge sur Claude et le RGPD, cette réponse ne suffit pas : elle ne dit rien de la durée de conservation ni du lieu de stockage, qui sont deux questions différentes.
Nous traitons ici ces trois questions une par une, documentation d’Anthropic et date de consultation à l’appui. Claude est édité par Anthropic, pas par nous, et nous lui appliquons exactement les mêmes critères qu’à ChatGPT et à Gemini : la documentation officielle, sa date, et les réserves écrites qui accompagnent chaque promesse.
Pour le cadre juridique français, le secret professionnel et les champs à retirer d’un document avant de l’envoyer, la question est traitée dans notre guide sur le RGPD.
Ce que Claude collecte, et ce qu’Anthropic conseille de ne pas y mettre
La politique de confidentialité d’Anthropic, en vigueur depuis le 10 septembre 2026, couvre les données de compte, les contenus que vous soumettez, les résultats produits et les données d’usage. Rien d’inattendu jusque-là. Ce qui est plus inhabituel, c’est le conseil que l’entreprise publie elle-même.
La phrase que peu d’éditeurs écrivent
Dans sa page sur l’utilisation des données personnelles pour l’entraînement, Anthropic écrit : « nous encourageons nos utilisateurs à ne pas utiliser nos produits et services pour traiter des données personnelles ». Il s’agit d’une recommandation d’usage, publiée dans le centre de confidentialité et en français, et non d’une clause d’exclusion de responsabilité perdue dans des conditions générales.
Pour un cabinet, cette phrase vaut mieux qu’un argumentaire commercial. Elle dit que l’éditeur lui-même ne considère pas son produit comme l’endroit où traiter un dossier nominatif, indépendamment des réglages que vous aurez cochés. Elle ne dit pas qu’il est interdit de s’en servir au travail : elle situe la frontière entre l’assistant qui vous aide à rédiger et l’outil auquel on confie des personnes identifiables.
La liste publiée en français
Le centre d’aide d’Anthropic va plus loin et donne une liste. Il recommande de bien réfléchir avant de partager des informations personnelles très sensibles, et il en cite quatre familles.
| Ce qu’Anthropic cite | Ce que ça recouvre en cabinet |
|---|---|
| Informations financières | relevés, numéros de compte, éléments de paie |
| Dossiers ou informations médicales | arrêts, certificats, pièces d’un dossier prud’homal |
| Mots de passe et identifiants | accès à un portail, codes de télédéclaration |
| Documents commerciaux ou personnels confidentiels | la note de dossier, le contrat, la lettre de mission |
Source : Anthropic, centre d’aide, article « Je souhaite saisir des données sensibles dans mes conversations avec Claude », consulté le 19 septembre 2026.
La quatrième ligne est celle qui concerne le plus un expert-comptable ou un avocat, et c’est aussi la plus vague. « Documents commerciaux ou personnels confidentiels » couvre à peu près tout ce qui entre dans un cabinet : une balance, un contrat de travail, une assignation. Prise au mot, elle exclut la matière première du métier. Le CNB est plus net pour l’avocat : pseudonymiser l’assignation avant tout envoi, systématiquement.
Ce que les connecteurs n’apportent pas
Une précision technique utile si vous branchez Claude sur un espace de travail : les données utilisées pour l’amélioration des modèles n’incluent pas le contenu brut issu des connecteurs, ni des serveurs MCP distants ou locaux. Avec une réserve immédiate, écrite par Anthropic : ce contenu est bien inclus s’il a été copié directement dans la conversation.
Autrement dit, la frontière sépare moins les outils entre eux que le document consulté du document collé. C’est exactement la distinction que nous détaillons dans les verbes d’une charte : saisir, coller, téléverser, dicter.
Est-ce qu’Anthropic entraîne ses modèles avec vos conversations ?
La réponse dépend du type de compte, et elle est écrite dans deux articles distincts du centre de confidentialité, un pour le grand public et un pour les produits commerciaux. C’est déjà une information en soi : là où beaucoup d’éditeurs donnent une réponse unique, Anthropic sépare les régimes, et lire le mauvais article donne une réponse fausse sans qu’on s’en aperçoive.
| Type de compte | Entraînement par défaut | Ce qui le déclenche quand même |
|---|---|---|
| Free, Pro, Max | non, sauf autorisation | le réglage activé, le pouce levé, le signalement sécurité |
| Claude for Work, Team, Enterprise | non | le pouce levé, un programme partenaire |
| API, Claude Gov | non | un partage explicite |
Source : Anthropic, centre de confidentialité, articles sur l’entraînement grand public et commercial, consultés le 19 septembre 2026.
Trois situations sur un compte personnel, deux sur un compte d’organisation, une seule côté API : c’est la bonne façon de comparer les offres, plutôt que de lire « nous n’entraînons pas » comme une réponse unique.
Le réglage s’appelle « Aider à améliorer Claude »
Sur un compte grand public, le réglage se trouve dans les paramètres, onglet Confidentialité. C’est le libellé que cite la CNIL dans sa fiche, et c’est toujours celui affiché à l’écran. Il porte sur les conversations et les sessions de code, et il ne vaut que pour les échanges nouveaux ou repris après activation, ce qui est une nuance utile quand on reprend une vieille conversation.
Quand il est actif, il couvre bien plus que la conversation elle-même : Anthropic cite le fil entier, les contenus, les styles personnalisés, les préférences de conversation, ainsi que les données collectées lors de l’usage de Claude dans Chrome. Un cabinet qui inscrit cet outil à son registre a donc plusieurs lignes à remplir, pas une. Notre modèle de charte donne les trois questions à poser avant l’inscription.
Les trois cas où vos échanges servent quand même
Anthropic en liste trois, et le deuxième surprend tout le monde.
- Vous avez autorisé l’amélioration du modèle. C’est le cas prévu, et il se coupe d’un clic.
- Vous avez cliqué sur le pouce levé ou baissé. La conversation entière est alors stockée jusqu’à cinq ans, dissociée de votre identifiant, et peut servir à entraîner les modèles.
- Vos échanges ont été signalés par les classificateurs de sécurité. Ils peuvent alors servir à améliorer les modèles internes de confiance et de sécurité, même entraînement désactivé.
Le troisième cas est le plus intéressant juridiquement, parce qu’il ne dépend pas de vous. Un texte mal interprété par un classificateur automatique entre dans un circuit que vos réglages ne commandent pas. Les conversations incognito, elles, échappent à l’amélioration du modèle même si le réglage est actif.
Cinq ans : la durée qui change quand vous dites oui
C’est le chiffre le plus important de cette page, et il est peu repris en français. Si vous autorisez Anthropic à utiliser vos conversations pour améliorer Claude, ces données peuvent être conservées jusqu’à cinq ans, sous forme dépersonnalisée, dans les pipelines d’entraînement. La même durée s’applique aux retours d’expérience envoyés par le pouce levé ou baissé.
Cinq ans, c’est plus long que la durée de conservation de bien des pièces dans un cabinet, et c’est un ordre de grandeur qu’il faut comparer aux trente jours du régime ordinaire avant de cocher quoi que ce soit. La question n’est pas de savoir si la case est honnête, elle l’est, mais si votre structure a une raison de la cocher. Elle rejoint la durée de conservation que vous inscrivez dans votre registre.
Trente jours si vous ne dites rien
Le régime ordinaire est plus court. Une conversation supprimée disparaît immédiatement de l’historique et quitte les systèmes de stockage sous 30 jours. Côté API, les entrées et sorties sont supprimées automatiquement sous 30 jours après réception ou génération, sauf service à conservation plus longue comme l’API de fichiers, accord de conservation nulle, application de la politique d’usage ou obligation légale.
Deux ans, sept ans : le régime des conversations signalées
Si une conversation est signalée par les systèmes automatiques de confiance et de sécurité comme violant la politique d’usage, Anthropic conserve les entrées et sorties jusqu’à 2 ans, et les scores de classification jusqu’à 7 ans. La règle vaut pour le grand public comme pour les organisations.
Il faut le dire sans dramatiser : ces durées longues visent un ensemble étroit de cas. Mais elles existent, elles sont écrites, et elles échappent au bouton de suppression. C’est précisément le genre de ligne à connaître avant de répondre à la case « durée de conservation » d’un registre de traitements.
Entraîner n’est pas la même chose que passer par leurs serveurs
Voici le point que la plupart des pages françaises ratent, et il vaut pour ChatGPT, Gemini et Copilot comme pour Claude. « Nous n’entraînons pas sur vos données » est une phrase exacte, mais elle ne répond qu’à l’une des trois questions.
La deuxième question est celle des durées ci-dessus et des classificateurs qui lisent tout ce qui passe, automatiquement, pour appliquer la politique d’usage. La troisième est celle du secret professionnel, et elle est réglée au moment du collage : le document a quitté le poste de travail, et aucun engagement contractuel ne le fait revenir.
Le cas concret, sur un compte professionnel bien réglé
Un collaborateur colle une lettre de mission pour la faire résumer, sur un compte Team, entraînement coupé. Anthropic n’apprend rien de ce texte, c’est vrai. Le texte a quand même traversé le réseau, il est stocké pendant la durée fixée par votre administrateur, il a été lu par des classificateurs automatiques, et il peut être conservé deux ans si l’un d’eux le signale à tort.
L’article 226-13 du code pénal punit la révélation d’une information à caractère secret, pas son utilisation pour l’apprentissage automatique. Un fournisseur qui promet de ne pas apprendre promet quelque chose de réel et d’insuffisant. La distinction entre anonyme et pseudonyme, que la CNIL fait payer cher, obéit à la même logique.
Claude Code, Chrome et les connecteurs : les portes latérales
Une page sur la confidentialité qui ne parlerait que de la fenêtre de conversation passerait à côté de la moitié du sujet, parce que Claude s’utilise aussi ailleurs. Trois entrées méritent d’être regardées séparément, et la documentation les traite distinctement.
| Entrée | Régime appliqué | Sert à l’amélioration ? | Réserve écrite par Anthropic |
|---|---|---|---|
| Claude Code, compte grand public | celui des conversations : mêmes réglages, mêmes durées | comme une conversation, si le réglage est actif | même exception pour les échanges signalés |
| Claude dans Chrome | celui du réglage « Aider à améliorer Claude » | oui, quand le réglage est actif : ces données sont citées explicitement | pas de réserve relevée |
| Connecteurs et serveurs MCP | contenu brut exclu des données d’amélioration | non | sauf s’il a été copié dans la conversation |
La troisième ligne est celle qui rassure le plus et qu’il faut lire le plus attentivement. Brancher un espace documentaire ne verse pas cet espace dans l’entraînement. Mais l’utilisateur qui copie un extrait du document consulté vers la fenêtre de saisie vient de faire basculer ce texte dans le régime ordinaire, sans que rien ne le lui signale.
Cette frontière entre consulter et coller est aussi celle qui décide, en droit, si un document est sorti du cabinet. Nous la détaillons dans les cases du questionnaire d’assurance, où elle change la réponse à donner.
Où sont les serveurs : la réponse d’Anthropic est courte
Sur cette question, Anthropic est plus laconique que ses concurrents, autant le dire franchement. Son centre de confidentialité indique recourir à plusieurs fournisseurs de cloud, documentés dans sa liste de sous-traitants, et router par défaut le trafic client vers des pays sélectionnés aux États-Unis, en Europe, en Asie et en Australie, sauf accord contraire ou instruction du client.
Le routage du trafic n’est pas le stockage
La même page ajoute une courte phrase qui change la lecture de tout le paragraphe : les données sont stockées aux États-Unis. Il y a donc 4 zones de routage possibles et 1 pays de stockage annoncé, et il ne faut pas confondre les deux.
Pour un responsable de traitement français, cela veut dire que le transfert hors Union est la règle et non l’exception. La politique de confidentialité s’appuie sur les décisions d’adéquation et sur les clauses contractuelles types de l’article 46 du RGPD, ce qui est le mécanisme prévu par le texte.
Il faut simplement l’écrire ainsi dans votre registre, et ne pas répéter qu’un hébergement européen serait disponible. Les activités de santé soumises à la certification HDS posent d’ailleurs une barrière que ce schéma ne franchit pas, et c’est une discussion qui s’arrête là.
Qui peut lire vos conversations, et ce que fait Anthropic des demandes des autorités
Le centre de confidentialité décrit un accès humain limité à un petit nombre de personnes impliquées dans l’entraînement, après dissociation automatique de l’identifiant utilisateur, et l’usage d’outils de filtrage ou de masquage des données sensibles. Il s’agit d’engagements que personne ne peut vérifier de l’extérieur, et ils se lisent comme tels.
La politique sur les demandes gouvernementales, et sa réserve
Sur les demandes des autorités, la politique d’Anthropic est plus restrictive que la moyenne du secteur, et le point mérite d’être relevé. Elle annonce 4 engagements : pas de communication hors procédure légale valide, une exception en cas d’urgence avec risque de dommage physique imminent ou de décès, le rejet possible des demandes trop larges ou vagues, et l’information de l’utilisateur sauf interdiction légale.
Elle ajoute un point utile aux entreprises : si la demande vise un client API ou professionnel, Anthropic renverra en règle générale le demandeur vers ce client. Autrement dit, la demande passe par votre cabinet, ce qui n’est pas le cas partout. Comparez avec la clause « à sa seule appréciation » que nous relevons dans notre page sur ChatGPT.
Gratuit, Pro, Max, Team, Enterprise, API : ce qui change
Quatre choses changent, et le prix de l’abonnement n’en fait pas partie. La première est celle qui décide pour un cabinet, comme pour ChatGPT : ce qui compte n’est pas le confort d’usage, mais de savoir si votre structure traite avec un sous-traitant ou si elle n’a qu’un compte ouvert à titre personnel.
| Ce qui change | Compte personnel | Compte d’organisation |
|---|---|---|
| Rôle juridique d’Anthropic | pas de contrat de sous-traitance | sous-traitant, votre structure est responsable |
| Entraînement par défaut | non, sauf autorisation | non |
| Maîtrise de la durée | conversation par conversation | rétention paramétrable, 30 jours minimum |
| Retour d’expérience | à la main de l’utilisateur | désactivable par l’administrateur |
Source : Anthropic, centre de confidentialité, articles sur les produits commerciaux et la rétention personnalisée, consultés le 19 septembre 2026.
Le tableau ci-dessus se lit de gauche à droite, et la colonne de gauche est celle de la plupart des cabinets français aujourd’hui : un ou deux associés qui se sont créé un compte pour essayer, et qui n’ont jamais signé d’avenant de sous-traitance parce qu’il n’y en a pas à signer.
Responsable et sous-traitant : qui est qui
Au regard du RGPD, quand une structure ouvre un compte Claude Team ou Enterprise, c’est elle qui est responsable de traitement, et Anthropic agit comme sous-traitant sur instructions. Avec un compte personnel, ce montage n’existe pas : il y a un utilisateur et un service en ligne, et votre cabinet n’apparaît nulle part dans le contrat.
La rétention personnalisée, et le piège du projet
Sur Enterprise, l’administrateur fixe une durée, avec un plancher de 30 jours, et la conservation est indéfinie par défaut. Le détail qui surprend : la règle du projet l’emporte sur celle des conversations, et comme les projets sont conservés indéfiniment par défaut, une conversation rangée dans un projet échappe à la durée que vous croyez avoir fixée.
Couper l’entraînement et effacer vos données, dans l’ordre
La marche à suivre tient en cinq gestes, et elle a sa place dans le registre des outils validés de votre charte.
- Décochez « Aider à améliorer Claude » dans les paramètres, onglet Confidentialité.
- Supprimez les conversations concernées. Retrait de l’historique immédiat, des systèmes sous 30 jours.
- N’utilisez plus le pouce levé sur une conversation contenant un dossier, ou désactivez la notation pour toute l’organisation si vous êtes administrateur.
- Utilisez le mode incognito pour les questions ponctuelles qui n’ont pas à rester.
- Vérifiez vos projets si vous êtes sur Enterprise, à cause de la règle décrite plus haut.
Un rappel qui vaut pour Claude comme pour ChatGPT, Gemini et Copilot : couper l’entraînement n’a pas d’effet rétroactif. Les modèles déjà entraînés le sont, les campagnes en cours vont à leur terme, et rien ne permet de retirer d’un modèle ce qui a servi à le construire. Anthropic l’écrit d’ailleurs sans détour, ce qui est plus honnête que le silence de beaucoup de pages de vente.
La fiche de la CNIL cite Claude, et voici ce qu’elle en dit
La CNIL a publié le 16 octobre 2025 une fiche expliquant, plateforme par plateforme, comment s’opposer à la réutilisation de ses données pour l’entraînement d’agents conversationnels. Pour Claude, elle décrit exactement le geste ci-dessus : paramètres du compte, onglet Confidentialité, décocher « Aider à améliorer Claude ».
Ce que la CNIL prend soin de ne pas dire
Son introduction précise qu’elle explique la marche à suivre « sans se prononcer sur la conformité au RGPD des procédés proposés ». La réserve est nette : l’existence d’un bouton ne vaut pas validation du mécanisme, et une page de vente qui écrirait « la CNIL valide » lui ferait dire le contraire de ce qu’elle a écrit.
Il faut ajouter qu’une fiche datée décrit des interfaces datées. Celle d’octobre 2025 tombe juste pour Claude, dont le libellé n’a pas bougé, mais plus tout à fait pour Microsoft Copilot, dont l’application a changé en août 2026. Vérifiez toujours le libellé à l’écran avant de conclure qu’un réglage a disparu.
Claude et le RGPD : le droit français par-dessus
Pour un cabinet français, le RGPD et la loi Informatique et Libertés de 1978 ne sont pas le dernier étage. Le secret professionnel est pénal, et il s’applique à la révélation, quels que soient les réglages du service auquel la révélation a été faite. Le RGPD reste pourtant l’étage où se décide l’essentiel, et ce qu’il faut réunir pour qu’un usage tienne change d’un éditeur à l’autre.
L’article 226-13 prévoit 1 an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende, cumulables avec une sanction administrative de la CNIL. Deux logiques différentes, deux procédures différentes, et une seule d’entre elles se provisionne au bilan.
Nous ne reprenons pas ici le détail des professions concernées, des textes qui s’y ajoutent ni de la procédure à suivre quand un dossier est déjà parti : tout cela est dans notre guide sur ChatGPT et le RGPD, qui traite du cadre et pas des outils.
Et si vous remplissez un questionnaire d’assurance cette année, trois cases changent de réponse quand quelqu’un se sert d’un assistant, comme nous l’expliquons dans notre page sur le questionnaire cyber. Ce que couvre le contrat lui-même est dans notre guide sur l’assurance cyber des PME françaises.
Ce qu’aucun réglage ne règle
Tout ce qui précède suppose un utilisateur attentif, sur le bon compte, qui a lu la charte. La réalité d’un cabinet est un collaborateur pressé, un compte personnel ouvert sur un téléphone, et un document collé en entier parce que c’était plus rapide. Aucun réglage chez Anthropic ne couvre ce cas, et c’est logique : le problème se situe entre le document et la fenêtre de saisie.
Il y a d’ailleurs une asymétrie rarement relevée : tous les réglages décrits ici protègent la personne qui écrit. Aucun ne protège la personne dont on parle, qui n’a rien signé, qui n’a pas coché de case, et dont le nom traverse le réseau parce qu’un tiers l’a collé. C’est pourtant elle que le RGPD et le secret professionnel ont en vue.
C’est là qu’intervient Nonimo. Ses applications pour Mac et Windows remplacent les identifiants par des marqueurs d’une pression sur une touche, avant que le texte ne parte vers l’assistant.
Ce que cela ne fait pas, écrit noir sur blanc
Le remplacement est une pseudonymisation, la correspondance restant chiffrée sur le poste, donc réversible et donc toujours dans le champ du RGPD. Et cela ne met personne en conformité, parce que la conformité relève du responsable de traitement. Le détail de ses limites est sur notre page sécurité.
Pour beaucoup de structures, la bonne conclusion reste qu’il n’y a rien à acheter : une charte écrite, des comptes professionnels et l’habitude de retirer trois champs suffisent. Pour une structure où le volume fait sauter l’étape manuelle, notre offre pour les organisations en donne les conditions. Les autres guides sont dans nos ressources.
Sources
- Anthropic, politique de confidentialité, en vigueur le 10 septembre 2026 : responsable de traitement pour l’EEE, destinataires des données, mécanismes de transfert hors Union fondés sur les décisions d’adéquation et les clauses contractuelles types. anthropic.com
- Anthropic, centre de confidentialité, « Mes données sont-elles utilisées pour l’entraînement du modèle ? », version grand public, consultée le 19 septembre 2026 : les trois cas d’utilisation, le régime du retour d’expérience et les conversations incognito. privacy.claude.com
- Anthropic, centre de confidentialité, version commerciale du même article, consultée le 19 septembre 2026 : absence d’entraînement par défaut sur Claude for Work, l’API et Claude Gov, et désactivation de la notation par l’administrateur. privacy.claude.com
- Anthropic, « Combien de temps conservez-vous mes données ? », consultée le 19 septembre 2026 : trente jours après suppression, cinq ans en cas d’autorisation d’amélioration, deux ans et sept ans pour les cas signalés, cinq ans pour les retours d’expérience. privacy.claude.com
- Anthropic, « Combien de temps conservez-vous les données de mon organisation ? », consultée le 19 septembre 2026 : suppression automatique sous trente jours côté API et ses quatre exceptions. privacy.claude.com
- Anthropic, « Où sont situés vos serveurs ? », consultée le 19 septembre 2026 : routage par défaut vers des pays des États-Unis, d’Europe, d’Asie et d’Australie, et stockage des données aux États-Unis. privacy.claude.com
- Anthropic, « Comment utilisez-vous les données personnelles dans l’entraînement des modèles ? », consultée le 19 septembre 2026 : la phrase sur le fait d’encourager les utilisateurs à ne pas traiter de données personnelles avec ses produits. privacy.claude.com
- Anthropic, politique sur les demandes gouvernementales, consultée le 19 septembre 2026 : procédure légale valide, exception d’urgence, rejet des demandes trop larges, information de l’utilisateur et renvoi vers le client professionnel. privacy.claude.com
- Anthropic, centre d’aide, « Je souhaite saisir des données sensibles dans mes conversations avec Claude », consulté le 19 septembre 2026 : les quatre familles de données que l’éditeur recommande de ne pas partager. support.claude.com
- CNIL, IA et vie privée : comment s’opposer à la réutilisation de ses données personnelles pour l’entraînement d’agents conversationnels, 16 octobre 2025 : marche à suivre pour Claude et réserve expresse sur l’absence de prise de position quant à la conformité. cnil.fr
Nonimo est le logiciel qui fait cela sur votre propre ordinateur : il masque les noms de clients et les identifiants avant que votre texte n’arrive à ChatGPT . Sans compte, et les données de vos clients ne sortent pas de votre machine.
Questions fréquentes
Anthropic entraîne-t-il ses modèles avec mes conversations Claude ?
Pas sans votre accord sur les comptes grand public, et pas par défaut sur les offres commerciales. Trois exceptions subsistent quand même : le réglage activé volontairement, le pouce levé sur une réponse, et les conversations signalées par les classificateurs de sécurité.
Combien de temps Claude conserve-t-il mes conversations ?
Une conversation supprimée quitte l'historique aussitôt et les systèmes de stockage sous trente jours. Si vous autorisez l'amélioration du modèle, les données peuvent en revanche être conservées cinq ans sous forme dépersonnalisée dans les pipelines d'entraînement.
Les données de Claude sont-elles hébergées en Europe ?
Le trafic peut être routé vers des pays d'Europe, mais le centre de confidentialité d'Anthropic précise que les données sont stockées aux États-Unis. Le routage du trafic et le stockage sont deux choses distinctes.
Comment désactiver l'entraînement dans Claude ?
Dans les paramètres du compte, onglet Confidentialité, décochez « Aider à améliorer Claude ». C'est la marche à suivre que décrit la CNIL dans sa fiche du 16 octobre 2025 sur l'opposition à l'entraînement.
Qu'est-ce qu'une conversation incognito dans Claude ?
Une conversation qui n'est pas utilisée pour améliorer Claude, même si le réglage d'amélioration est activé dans vos paramètres. Sur les offres pour organisations, ces conversations sont supprimées automatiquement sous trente jours, sauf signalement par les systèmes de sécurité.
Anthropic communique-t-il mes données aux autorités ?
Sa politique annonce une communication uniquement sur procédure légale valide, avec rejet possible des demandes trop larges, information de l'utilisateur sauf interdiction, et renvoi vers le client pour les comptes professionnels.
Claude Enterprise permet-il de fixer une durée de conservation ?
Oui, à partir de trente jours au minimum, et la conservation est indéfinie par défaut. La règle du projet l'emporte sur celle des conversations, ce qui surprend souvent les administrateurs.
Puis-je coller un dossier client dans Claude si l'entraînement est coupé ?
Couper l'entraînement ne fait pas revenir le document, qui a déjà quitté votre poste. Anthropic écrit d'ailleurs lui-même encourager ses utilisateurs à ne pas se servir de ses produits et services pour traiter des données personnelles.